15 mai 2012

La vieille dame de Wangan

WangAn j'en ai déjà parlé, c'est une petite île au sud de Penghu, abritant quatre villages remplis de vieilles maisons traditionnelles, croulantes pour la plupart. J'y suis retournée deux jours, marcher un peu dans les hautes herbes, rencontrer quelques personnes, faire quelques photos. Commençant ma promenade par le village de XiAn (西安村) j'errais dans de petites rues bordées de vieilles maisons quand cette grand mère m'a interpellée du fond de sa cour et invitée à rentrer. Elle était en train de manger son déjeuner. Je me suis posée sur un petit banc en face d'elle, à l'observer. Elle me parlait en taïwanais. "Tu as mangé ? - Oui oui, j'ai plus faim" enchaînant sur le fait que son dentier lui faisait mal aux dents, qu'elle était édentée et ne pouvait plus manger que du riz gluant. Ça je le comprenais par les gestes plus que par la parole... parce que mon taïwanais est quelque peu limité. "désolée, je ne comprends pas..." Elle mangeait un porridge de riz accompagné de deux petits poissons, tellement petits que j'avais l'impression qu'entre la queue et la tête il n'y avait rien. Un repas de pauvre. Posée entre ses pieds, il y avait cette feuille de journal sur laquelle elle laissait tomber les restes dont elle ne voulait pas, les arrêtes, les nageoires, etc. Trois chats sauvages assis là s'en régalaient, levant les yeux vers elle dans l'espoir d'en avoir un peu plus. Dans ma tête résonnait une idée que j'ai du entendre enfant du côté des franciscains... L'idée que c'est lorsqu'on ne possède rien que l'on peut donner entièrement, et que ça rend très riche. Une forme d'harmonie régnait dans cette maison, auprès de cette grand mère édentée et solitaire et de ces chats errants au cuir ravagé de cicatrices.

I have already mentioned Wangan, this small island in the south sea of Penghu and its four villages filled with old crumbling traditional houses. I went back there for two days, to walk in the deserted fields, to meet a few people and to take some pictures. I started my walk through the village of XiAn (西安村). I wandered in small streets lined with old houses when a grandma offered me to come in, calling me from the depths of her court. She was eating lunch. I sat on a bench in front of her, and observed. She was speaking to me in Taiwanese "Have you eaten? - Yes yes, I'm full" complaining that her dentures was painful, that she was toothless and could only eat sticky rice. I understood looking at her gestures more than listening to what she was saying because... my Taiwanese is somehow limited. "sorry, I don't understand..." She was eating rice porridge and fishes, so small that it was like tail, head and nothing in the middle. A poor meal. Between her feet was this sheet of paper on which she dropped the remains of her meal, bones, fins, etc... Three wildcats where sitting there, eating those leftover hungrily, looking up to her in the hope of having a little more. It reminded me an idea that might have come from my childhood with Franciscans... The idea that if you own nothing, you start to be able to give for real, and only then you become rich. A certain form of harmony floated in the house, between the toothless lonely grandmother  and the  wildcats whom leather was ravaged with scars.

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