1 février 2012

A tree of night


Il y a quelques temps, j'ai rencontré l'Écureuil Volant de passage à Taipei. Il m'a parlé de son sujet de recherche sur les éditions de photographie japonaise qu'il consigne sur son blog, et vu que l'objet livre est un de mes dadas, j'ai été m'y plonger avec délices. Sortant du lot à mes yeux, un livre de photographie parlant des non-voyants m'a particulièrement saisie par la poésie discrète et le propos humaniste qui semblaient s'en dégager. J'avais envie de le parcourir en vrai, du coup je me suis mise en tête de l'acheter. 

Une petite édition de 700 exemplaires d'un livre de photographie japonaise, on pourrait se dire "aiguille dans une boite de foin" à Taipei. J'ai laissé courir, me disant que j'avais peu de chance de mettre la main dessus chez mon cher voisin d'en face Eslite (mon lieu de perdition préféré). Et un jour, rentrant d'un cours en haut de la rue de Dunhua, je me suis trompée d'arrêt de bus, perdue dans mes pensées. Descendue aux abords de la librairie VVG Something, dont je vous avais parlé ici il y a quelques temps, j'ai décidé de m'y arrêter un instant. Je furetais, à la recherche d'un petit cadeau pour mon très cher coquelicot,  lorsqu'au bout d'une étagère je vois quelques livres à tranche fine, reliés au fil, et parmi eux, au milieu, deux exemplaires à la couleur extrêmement similaire au petit livre du blog de cet ami. 

J'ai rougi en approchant ma main, presque déjà sûre qu'il s'agissait de l'objet convoité, un sourire pailleté barrant mon visage. J'ai sorti le livre et en ai découvert le titre, le sourire pailleté s'est transformé en feu d'artifice. La vendeuse s'est approchée, et m'a regardé étonnée, je me suis tournée vers elle avec le visage barré du mot alléluia, j'avais envie de lui sauter au cou, de l'embrasser. J'ai baissé les yeux vers mon butin, l'ai parcouru comme on parcourt pour la première fois le corps d'un amant, il était tout simple, léger, imprimé sur un papier épais et doux, il respirait, je l'avais trouvé et allais pouvoir le ramener chez moi. J'ai le numéro 376, et la preuve que mon petit pays est définitivement un endroit plein de surprises. 




LIENS

1 commentaire:

  1. C'est vrai qu'il est super beau ce livre. C'est presque rien, et pourtant ça suffit.

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