30 septembre 2011

petit à petit je m'approche de l'éveil...

Le jour de mes trente ans, à midi, je me suis envolée pour les Pescadores dans un petit coucou. Sans trop savoir pourquoi ni comment, je me sentais appelée par le vent qui balaye ces terres, appelée comme une mère appelle son enfant le soir avant le repas, viens, rentre à la maison c'est l'heure, l'heure du bon repas, l'heure du repos, l'heure de renouer avec l'essentiel... Viens là que je te dépoussière, viens là que je te cure les oreilles. 

Je me suis posée dans une petite chambre en bord de mer où quelques carreaux cassés laissaient entrer le vent, jouer avec les rideaux. Un lit, une petite table, de l'ombre et de la fraîcheur, une chambre d'ermite tout comme j'avais rêvé, remplie d'essentiel, en équilibre sur le temps. 

J'avais un vélo et, riant au nez de mes nouveaux amis, je décidai d'aller en découdre avec le vent en pédalant de toutes mes forces. Je ne pus aller bien loin, mais assez pour leur prouver que je pouvais me battre. Au hasard des chemins je rencontrai des maisons de corail, des bateaux abandonnés, et des buissons dansants. J'appris à déployer mes poumons par le bas, à respirer comme on a faim, à ne faire qu'un avec la beauté du jour. 

En quelques heures je me retrouvai adoptée par les marins du village, à manger à leur table, boire leur thé et leur bière, rire à leur blagues, les faire rire à mon tour, ouvrir grand mes yeux et mes oreilles et apprendre à recevoir de ceux qui donnent sans compter. En quelques heures j'oubliais tout de mon quotidien, de ma ville, de mes pensées, en quelques heures j'appris à me laisser dériver.

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