4 septembre 2011

Le petit sentier


Un après-midi en balade à Taroko, enfermés dans la verdure qui nous enrobe des pieds à la tête. Ici, des aborigènes vivent encore dans la montagne, on les appelle les chasseurs pêcheurs. À certains endroits on croise des plantes comestibles qu'ils font pousser pour leur propre consommation. Je marche et tout en marchant, j'essaye d'imaginer quelle doit être leur vie, enfermés au creux de cette nature, une nature enchanteresse et en même temps sans pitié. Pas besoin de dieux quand on vit dans un tel endroit, tout est déjà là, l'humilité et la grandeur. 

Ici, on comprend d'un regard pourquoi les portugais ont nommé cette île "formosa". La chaleur et l'humidité n'entravent en rien l'impression d'être plongés au creux d'un paradis perdu. Et heureusement, les cars de touristes qui sillonnent la route des gorges y restent agglutinés. Et heureusement, partisans du moindre effort, les touristes qui emplissent ces cars se contentent de polluer cette route et ses proches abords, laissant la montagne respirer. 

À un moment obscur, longtemps après cette journée-là, assise sur mon lit à contempler les nuages de la ville avant de partir travailler, je réalisais que non, ces peuples ne sont pas des sauvages ou des sous-développés : Ils sont juste dans le vrai monde, hors de la caverne et nous et notre planète industrialisée, plus ça va et plus on s'enfonce dans nos illusions et notre vacuité. Pourquoi ? Par peur justement, de cette beauté et de cette grandeur. Par peur de la vie, par peur de la mort, on choisit l'irrationnel. Je voudrais que le monde change. En bien.

Rêver d'un jour où les hommes déserteront les mégapoles et retourneront à la nature, un jour où les supermarchés ne produiront plus aucun sens et où l'odeur des villes ne fera plus rêver personne. Un jour où les sociétés seront à taille humaine et où le nomadisme sera monnaie courante...

This is Taroko, the evergreen land. Here, some aboriginals still live in the mountain, fishing and hunting to feed themselves. At some places we can see the vegetables they grow for their meals. As I am walking into this path I try to imagine the life those people have, surrounded by this wonderful but scaring nature. No needs of gods when you live in a place like that, everything is already there, humility and greatness. 
Here we understand with one look why the Portuguese named this island "Formosa". Hit and humidity don't break the feeling of being in a lost paradise.  And luckily the tourists buses stay packed down the road and those tourists are a way too lazy to leave the same road so the mountain remains peaceful. 
Long after this afternoon, as I was lying in my bed looking at the city's clouds outside, I realized that those people are far from being primitive or underdeveloped : they just live in the real world, outside Platon's cavern, while we and our industrialized planet, we dig deeper and deeper into our vacuity. Why ? Because we are actually afraid of so much greatness. Afraid of life, afraid of death, we choose the irrational. I wish this could change. 
To dream about a day where humans would abandon the megalopolis to go back to mother nature, one day where the supermarkets wouldn't mean anything anymore and where the smell of the city wouldn't fulfill anyone's dream. One day where we would have human-scale societies and where nomadism wouldn't  be  unusual anymore. 














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